Podolsk envoyée spéciale
«Laissez-moi vous expliquer quelques spécificités de la boxe féminine. Les protections de poitrine sont autorisées. Ce n'est pas pour faire paraître quelque chose plus gros que nature, c'est pour se protéger...» Au troisième jour du troisième championnat mondial de boxe féminine, qui se déroule jusqu'à dimanche dans une petite ville au sud de Moscou, le président du jury, le Pakistanais Shakeel Durrani, a encore été obligé de réunir ses arbitres, pour rappeler quelques règles de base. «Et, comme vous êtes des hommes, je vous demanderai aussi d'éviter de toucher les concurrentes...» précise-t-il encore. «La boxe féminine est une discipline encore relativement nouvelle, qui ne se développe que depuis six ou huit ans, explique ensuite en aparté ce dirigeant de l'Association internationale de boxe amateur (Aiba). Pour cela, nos arbitres sont encore essentiellement des hommes. Mais pour cela aussi, ce championnat est particulièrement important : si tout s'y passe bien, la boxe féminine deviendra discipline olympique aux prochains JO de Pékin.» Et pour cela encore, le président du jury est obligé de tancer ses arbitres : «Hier encore, trop d'écarts ont été constatés dans vos notations !», «Monsieur l'arbitre moldave, vous avez attribué là 61 points à une boxeuse ukrainienne. Cela signifierait qu'elle ait marqué un coup toutes les six secondes ! Ce n'est absolument pas possible ! Nous vous prions d'être plus attentif et plus objectif !»
D'abord annoncés en Hongrie, puis en pleine Sibérie, dans la ville pétrolière de Khanty-Mansiisk, puis à Saint-Pétersbourg et finalement rapatriés en urgence dans la lointaine banlieue de Moscou, faute d'avoir trouvé ailleurs des financements, ces championnats du monde sont bien la preuve des difficultés des boxeuses à être prises au sérieux. Dix jours avant la compétition, le championnat était annulé. «Nous avions arrêté la préparation, nous nous étions remises à manger», raconte la Française Myriam Chomaz, ravissante blonde aux longs cheveux blonds, championne d'Europe en titre des 57 kg. Puis, en catastrophe, trop vite pour permettre à toutes les délégations de venir (les Chinoises, qui sont parmi les meilleures au monde, n'ont pas eu le temps d'obtenir les visas), un ring a été monté au milieu du Palais des glaces de Podolsk. Cent soixante concurrentes, venant de 27 pays différents, ont fait le voyage. La France a dépêché cinq petits gabarits, tous éliminés dans les trois premiers jours de la compétition.
Diablesses. Au milieu de ce Palais des glaces, vide et froid, Michel Baudel, président délégué de la Fédération française de boxe, admire pourtant les deux petites mouches, indienne et canadienne, qui se démènent comme deux diablesses sur le ring : «Regardez-les ! s'exclame-t-il. Si vous ne saviez pas que ce sont des femmes, l'auriez-vous deviné ? Le niveau technique s'est élevé très vite parmi les femmes, on ne voit plus guère la différence avec les hommes !» Aux deux premiers championnats, organisés aux Etats-Unis en 2001 puis en Turquie en 2002, l'écart était encore énorme entre quelques excellentes délégations venant de Russie, Turquie, Suède ou Norvège, et les autres, se souvient Shakeel Durrani, le président du jury : «Cette fois, le niveau technique s'est partout élevé et les écarts entre pays se réduisent.»
A Podolsk cette année encore, quelques équipes donnent pourtant encore l'impression de dominer la compétition : les Russes bien sûr, mais aussi les Turques, les Indiennes ou les Nord-Coréennes, assises tout en rouge au premier rang et criant en choeur chaque fois qu'une de leurs championnes monte sur le ring. Impossible en revanche de les approcher : «Pas d'interview !» répond pour elles l'interprète de la délégation, gardant ses filles à l'écart de tout contact étranger. Deux boxeuses indiennes expliquent comment la boxe est pour elles une façon de se faire «mieux respecter». Leur entraîneur intervient : «D'ordinaire, en Inde, c'est plutôt l'homme qui domine la société. La boxe est une des rares occasions données aux femmes de montrer leur force. D'ailleurs, en boxe, nos femmes sont maintenant meilleures que nos hommes.»
Plus loin, l'Américaine Crews Franchon achève une portion de frites au ketchup et raconte : «Aux Etats-Unis, la boxe féminine est maintenant très populaire, grâce à Million Dollar Baby (1). Bien sûr, il y a encore des ignorants qui nous disent : c'est quoi ces muscles énormes que vous avez, ce sont des attributs masculins... Mais moi, je préfère avoir des muscles que du gras.» Crews, 18 ans, avoue d'ailleurs s'être mise à la boxe pour maigrir : «C'était il y a deux ans. Quelqu'un m'avait dit qu'avec la boxe, on pouvait perdre 2,5 kg par jour.» Deux ans plus tard, Crews est de fait redescendue de 90 à 82,5 kg, et se retrouve avec un titre de championne d'Amérique.
(1) Film de Clint Eastwood, dont l'héroïne se met en tête de devenir championne de boxe.
SOURCE / http://www.liberation.fr
11/06/2009 @ 10:28:09
par lamine
Bonjour , MYRIAM et bravos bravos ...
27/04/2009 @ 11:55:18
par GERARD
Pour info: Prix des places: Gradins: ...
13/02/2009 @ 21:47:21
par Admin
Salut ma belle, Bien sûr que j'y ...
12/02/2009 @ 22:55:21
par stach
Bonjour,ma petite Ardèchoise je te souhaite ...
12/02/2009 @ 14:36:33
par COURTIAL THIERRY